Tu m’as Déçu(e)!!!
mai 6, 2024Et Si On Osait Déplaire?
mai 23, 2024
Traces de mes 12 ans!
Hier j’ai eu la joie de donner un atelier au profit d’une trentaine d’élèves du collège Lalla Kenza, quartier océan à Rabat. Un atelier qui a un goût particulier puisqu’à 12 ans j’étais dans cette même école et j’y ai passé 2 ans. C’était le seul collège qui a voulu me recevoir 1 mois après le début de l’année scolaire. On venait à peine d’arriver à Rabat.
Que de souvenirs sont remontés depuis que j’ai décidé d’y proposer 1 atelier. L’inconscient me revient avec des mémoires que j’ai cru oublier mais elles étaient là à attendre le moment propice pour me revenir avec des images pertinentes de cette période de ma vie.
Un départ et une arrivée. Un deuil et une renaissance, un ancien et du neuf. La tristesse derrière et la peur de l’inconnu devant moi.
J’ai enfoui dans ma mémoire ce sentiment de déchirement vis à vis de ma ville natale Mohammedia, mes repères, une partie de ma grande famille, les amies, mon quartier, notre maison, le marché, le jardin, le port, la belle plage…J’ai du tout laisser pour poser le pied sur un nouveau sol que je ne connaissais pas à part les rares fois où j’ai visité des membres de la famille à salé ou passé quelques jours de vacances dans le studio de ma soeur aînée qui s’est déplacée à Rabat pour entamer sa vie estudiantine .
Une ville oû je me suis trouvée sans que l’on prenne en considération mon avis. J’ai dû passer quelques années avec une colère contenue qui ne s’est exprimée que plutard.
Rabat qui me paraissait une ville fantôme, neutre sans vie presque, est devenue ma ville fétiche. Je ne l’échangerai contre aucune autre ville. Une ville qui m’a accueillie avec bienveillance même si je résistais à l’aimer au début. .
Pendant cette période, ma grand mère nous a quittée. Un deuil qui a pris du temps à se faire puisqu’elle était très proche de mes frère et sœurs. Nous n’avons pas pu la recevoir chez nous à Rabat car elle est partie avant. Il faut reconnaître qu’elle n’était pas ravie de notre déplacement.
Pour revenir à l’atelier d’hier. Je suis allée une demi heure avant l’heure fixée pour me permettre de visiter le collège et tous ses détails, de me réconcilier avec tous ses murs, ses classes, sa cour. J’étais là à monter et à descendre l’escalier comme une petite fille mais en conscience. Mes pieds m’ont mené à ma classe. Je me suis remémorée les professeurs, ma table préférée, les citations des longs poèmes de lmotanabbi et autres….quelques visages de mes copines, nos activités sportives surtout le basket ball
que j’aimais. Nos escapades à la côtière de Rabat , ……enfin plein de petits souvenirs.
Mais ce qui m’a bluffé c’est un portrait dessiné en crayon noir que j’ai trouvé sur l’une des tables. C’est du copy collé des profils que je dessinais un peu partout sur les tables, ou sur le tableau (avec de la craie blanche) avant le début des cours ( Il faut die que j’avais cette manie ..) . Je suis restée scotchée devant l’ image que j’ai mise en avant pour vous. C’est le genre de gribouillage de mon enfance et mon adolescence et l’oeil au dessus de la tête.!!!!! J’en reviens pas, C’est JUSTE INCROYABLE!
Je voulais assister à la période de récréation et quel fut ma joie de rester debout à mon poste d’observatrice que j’ai choisi au 2ème étage pour suivre la sortie des élèves de leurs classes, le brouhaha qui s’est déclenché juste aprés……. C’était MAGIQUE
De mon temps, c’était plus soft. C’était un collège de filles seulement. Maintenant c’est un établissement mixte et les enfants 12-15 ans surtout les garçons ont vraiment besoin d’espaces pour exprimer et libérer le surplus d’énergie. Malheureusement cet espace de 30-40 m2 n’est pas du tout suffisant pour que les enfants se sentent libres après le cours.
En tout cas, après avoir pris plaisir à cette séance de libération intuitive des enfants. Je regardais des petits clans de filles ou de garçons ou les 2. Mais en fait, je cherchais au milieu de tous ces enfants celui où celle qui va être seul(e) dans son coin adossé au mur…j’essayais de me chercher car j’étais parfois cette élève. Même si j’avais mon groupe d’amies auquel je faisais souvent le cloon, j’avais toujours besoin de cet espace à moi où je puisse me ressourcer avant de me mêler à la foule. et c’est d’ailleurs toujours le cas 🙂
Durant l’atelier, mon intention était de leur transmettre ce que j’aurais aimé qu’on me transmette quand j’avais leur âge. Je jonglais entre la petite fille et l’adulte durant tout l’atelier…. C’était plutôt touchant.
J’aurais aimé quà 12 ans, que l’on reçoive quelqu’un qui ne va pas nous apprendre à calculer racine carré de x ou cosinus y mais plutôt quelqu’un qui va nous parler de nos émotions, comment les exprimer ,comment les libérer, comment respirer comment avoir confiance en nous, comment savoir ce que l’on veut dans la vie, quels sont nos rêves, de quoi avons nous besoin, comment être heureux et non pas comment être compétitif dans la vie.
Enfin plein d’informations utiles pour notre VIE et non pas pour notre SURVIE. . .
J’ai offert des ateliers dans des associations et lycées depuis 2017-18 mais cet atelier a ravivé des choses incroyables en moi. C’est peut être normal parce que je suis revenue à mon enfance et mon inconscient est allée piocher dans mes mémoires du corps et de l’esprit. Finalement, j’ai transformé des choses pendant cet atelier et même après 🙂
En tout cas je suis en gratitude pour ce retour à mon collège d’enfance, qui m’a donné un grand boost pour suivre et poursuivre mon chemin vers qui je suis et le chemin de contribution là où il y a besoin dans des lieux où les moyens matériaux manquent et où je peux donner de mon temps, de mon énergie, de mon coeur, de mon âme pour ces jeunes créatures qui ont besoin d’un petit coup de pouce dans ces aspects que l’école n’a pas encore considéré comme vitaux pour leur développement, qui ont besoin d’être vus et entendus.
A suivre…
Coeurdialement
Kellou


